La naissance de cette histoire

     Très tôt est apparue cette image macabre ( mais pourtant très vraie ) d'une mer qui oppose deux mondes.
L'un d'entre eux voyait des personnes fouler le sable pour nager dans l'eau bleue, construire des châteaux de sable, prendre le temps, juste le temps.

    L'autre poussait des gens à fuir vers cette même eau. Fuir les flammes, les cris, les tortures, les éclaboussures de sang, et à maintenir les souvenirs dans les ruines des maisons.
     La fascination pour une même eau qui accueillait la vie et la mort. Des baigneurs et des noyés. Les insouciants et les oubliés.
Et s'il n'y avait plus de frontière ? Si soudainement il n'y avait plus aucune séparation entre les humains ? Que devient notre réalité ?
     Il fallait un moyen pour amener ces questions, et tant d'autres.

L'envie de défendre un cinéma de genre : le fantastique

    Le fantastique a pour moi une grande place personnelle étant donné qu'il a été le premier genre par lequel j'ai découvert le cinéma.
    Ce qui était important était de voir à quel point un seul élément pouvait changer complètement le ton du film.

Et c'était ce fantastique qui me permettait une plus grande marge pour raconter ce récit. Pour laisser entendre autre chose que ces deux personnages. Pouvoir instaurer une liberté d'interprétation. Une liberté de comprendre ce que le spectateur veut comprendre, ce qu'il veut voir comme question mais aussi comme réponse.

  Aujourd'hui le fantastique tient une place à part dans le cinéma français et dans une plus large mesure, le cinéma de genre. Pourtant, c'est de ce cinéma dont il est question aujourd'hui.
   Parce qu'on le voit trop peu, on a envie aujourd'hui de se battre pour changer les registres d'un cinéma trop facilement entré dans des thématiques renouvellées encore et encore.

 

De l'importance de défendre ce film

   Un cinéma qui met en avant deux femmes que tout oppose ou que tout rassemble ( au spectateur de choisir ). Dans une atmosphère de campagne froide et isolée où évoluent nos personnages, pouvoir créer la rencontre de plusieurs réalités.
Nos réalités. Celle dans laquelle nous vivons. Celle que nous acceptons de voir, de vivre. Et les autres. Celles que nous voyons de loin. A travers un écran de télévision, une page de journal, une radio. Et puis il reste les autres, ces réalités que nous ne verrons jamais.

   Alors il y aura dans cette histoire, je l’espère, assez de rêve, de désir, d’espoir, de doute, d'incompréhension pour faire parler chacun des spectateurs.
    Le maintenir face à ces personnages. L’attraper quelques minutes dans cette atmosphère aux couleurs Bleu Pétrole.

Guillaume Grollau